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Les qualités pour devenir un bon formateur

Une question inattendue, des élèves récalcitrants ou des problèmes d’équipements... Animer une formation est un exercice qui peut s’avérer périlleux. Face à des groupes d’apprenants qui ne sont pas toujours présents de leur plein gré, le formateur doit disposer d’une palette de compétences et de qualités aussi précieuses que variées pour réussir à concilier apprentissage et pédagogie.

Découvrez les conseils du Journal du Net pour faire de cet exercice éprouvant physiquement et mentalement, un moment enrichissant pour les élèves et leur formateur.

  • Partager son enthousiasme Quoi de mieux que d’apprendre avec un formateur passionné ?

Selon les situations, le formateur doit parfois prendre en main des groupes qui peuvent être constitués de 10 personnes ou... de 100. Le degré de motivations de chacun variera aussi selon que la formation ait été imposée ou pas. "Les apprenants n’apprécient pas forcément toujours de devoir subir une telle expérience qui leur rappelle les bancs de l’école", explique Alain Labruffe, lui-même formateur, fondateur du cabinet Socrate Management et auteur du "Guide du nouveau manager" pour l’Afnor.
Le formateur doit donc s’armer de tout son enthousiasme et de sa patience pour réussir à intéresser les élèves, surtout s’ils sont présents en nombre. "Il faut vraiment être communicatif, ajoute Alain Labruffe. Les premières minutes de la formation s’apparentent à l’entrée en scène d’un showman." Dès le début, il faut donner le ton.

  • Mâtiner ses connaissances de pédagogie
    Être un bon formateur implique une faculté à bien expliquer les choses.

Si être un expert dans son domaine de compétence est important, détenir une très bonne connaissance technique ne suffit pas pour pouvoir former des personnes. Il faut en plus avoir une vision du métier et de son évolution. Il faut aussi être en mesure d’apporter ses conseils en plus de ses connaissances.

"L’expertise est une chose, le transfert de compétences en est une autre", synthétise Alain Labruffe. Ce sont ces deux aspects conjugués qui permettent de réussir une formation. Le formateur doit donc toujours avoir à l’esprit qu’il aura affaire à des personnes n’ayant pas son niveau de connaissances et qu’il devra par conséquent adapter son enseignement. Cette capacité de vulgarisation n’est pas forcément toujours évidente.

  • Ne pas se reposer sur ses lauriers
    N’hésitez pas à l’occasion à retravailler vos cours.

Une fois le stress des premières interventions passé, les formateurs se contentent parfois, par facilité, de garder les mêmes modes de présentations, les mêmes exercices, les mêmes plans... La tentation est grande de se reposer sur ses lauriers et de s’enfermer dans un train-train, en reproduisant les mêmes schémas à l’identique. Pourtant, "il est important de faire des points réguliers sur ses compétences et sur les cours que l’on donne", avance Alain Labruffe.
Vous devez vous nourrir du feedback des élèves pour améliorer sans cesse votre cours. Ce qui a marché il y a un an n’est peut être plus efficace, sans compter qu’un nouveau groupe peut avoir des attentes différentes. Un cours qui n’évolue pas est condamné à l’avance. Intéressez-vous donc à l’actualité de votre profession, aux dernières tendances qui pourraient donner matière à enseignement

  • Garder la forme
    Un déjeuner sain et léger est le meilleur moyen de préparer son début d’après-midi.

Lorsque l’on passe quatre heures d’affilée debout sur scène, le corps est soumis à rude épreuve. "Il faut avoir une discipline de fer pour être toujours à 110 %, confirme Alain Labruffe. Animer une formation est très exigeant en termes d’énergie dépensée."
Vous devez éviter les excès les veilles de formation, une bonne nuit de sommeil est à ce titre une excellente préparation. Laurent, chargé de recrutement pour un éditeur de jeux vidéos, confirme : "J’ai pris à la légère ma première formation en sortant avec des amis la veille. Résultat : la matinée a été très compliquée pour moi." Lorsque vous animez une formation vous n’avez aucun moyen de vous échapper. Perpétuellement sur le devant de la scène, vous êtes observé de tous et ne pouvez rester inactif plus de cinq minutes. Cela implique donc d’être frais et dispo.

  • Se mettre à l’écoute et interagir
    Par votre écoute, vous devez susciter la participation des élèves.

Réussir à animer un groupe requiert d’être doté de solides compétences relationnelles. "Tous les cours du type magistraux, où l’interaction entre les élèves et le formateur est nulle, sont à proscrire", avance Alain Labruffe. Il est important de connaître les gens pour créer une dynamique de groupe. Vous devez les inciter à prendre confiance en eux, à mettre en place des ateliers qui les obligent à sortir de leur réserve, à participer. Si ces ateliers sont construits intelligemment, les élèves pourront même se prendre au jeu et dépasser vos attentes.
Sans cet effort pour les impliquer, vous risquez de ne susciter que de l’attentisme pour un résultat peu satisfaisant. N’oubliez pas que les élèves ne sont pas forcément tous volontaires pour suivre la formation, il vous incombe de motiver les plus réticents.

  • Cultiver un certain charisme
    Vous devez paraître très à l’aise à l’oral.

Tous les plus grands orateurs vous le confesseront, pour réussir une présentation il faut être préparé mais aussi avoir une grande confiance en soi. Cela permet de survivre à ces moments où les nerfs sont soumis à rude épreuve. C’est ce charisme qui permet de gérer sereinement des groupes pouvant parfois être composés de plusieurs dizaines de personnes.
"Le formateur doit faire preuve un bon leadership, chacune de ses prises de parole doit naturellement capter l’attention du public", explique Alain Labruffe. Les élèves identifient rapidement, lorsque leur formateur prend la parole, si celui-ci est assuré ou non, s’il est à l’aise dans l’exercice ou pas. La première impression est à ce titre cruciale.

  • Anticiper les imprévus
    Faites en sorte que l’inattendu devienne quelque chose de surmontable.

Pour se rassurer, il n’y a rien de plus efficace que de prévoir tout ce qui peut aller de travers. Cela commence bien sûr par vérifier le fonctionnement du matériel mis à disposition. Mais cela passe aussi par proscrire toutes les approximations.
"Le déroulement de la formation minute par minute doit être pensé au préalable, précise Alain Labruffe. De même, il faut se préparer à tous les arguments et les objections possibles qu’un participant pourra formuler". Une des rares fois où Alain Labruffe n’avait pas pris de telles précautions, il a été victime un trou de mémoire durant la formation. Pour éviter ce genre de déconvenue, mieux vaut avoir préparé avec minutie tous les scénarios possibles.

  • Analyser les besoins avec justesse
    Pensez à sonder vos élèves avant de commencer.

Pour que les élèves soient satisfaits de votre formation, vous devez répondre à leurs attentes. Cela implique d’identifier rapidement leurs besoins. "Au début de chaque nouvelle formation, je fais un tour parmi mes élèves pour connaître leurs parcours et leurs attentes concernant la formation que je m’apprête à leur dispenser", confirme Alain Labruffe. C’est d’autant plus important que l’on n’enseigne pas le même niveau de détail à un débutant et à un confirmé.
Il vous faut donc apprendre à structurer votre expertise en niveaux d’apprentissages. Être au clair sur ce qui peut être dit et ce qui implique de maîtriser certains concepts au préalable demande une vraie réflexion sur son domaine de compétences.

  • Connaître ses forces et ses faiblesses
    Apprenez à vous connaître.

Il est important pour un formateur d’apprendre à connaitre ses élèves. Mais il l’est encore plus d’avoir conscience de ses forces et ses faiblesses pour pouvoir parer à tout imprévu. "Il est crucial de bien se connaître sans quoi on peut faire pas mal d’erreurs face aux groupes", confirme Alain Labruffe.
Un formateur qui sait qu’il peut manquer de patience ou qui se montre parfois excessif doit apprendre à prévenir de tels comportements pour qu’ils ne se manifestent pas dans le feu de l’action. L’objectif n’est évidemment pas de changer de personnalité en revêtant son costume de formateur mais de se présenter sous son meilleur jour devant les apprenants. Leur regard est bien souvent impitoyable...

Alain Labruffe est auteur du "Guide du nouveau formateur" et fondateur de la société de conseil en gestion des ressources humaines, Socrate Management.

Publié sur le Journal du Net

 
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